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La France est-elle en déclin ?

1er octobre 2003


Liens utiles

- Reconstruire les valeurs
- Notre Europe
- Désarroi en France
- La richesse des Nations

L'Expansion m'a demandé un texte de 1500 signes pour le Forum "Comment la France peut sortir du déclin" . J'ai envoyé la contribution ci-dessous.

Le discours sur le déclin de la France m'inspire un sentiment de honte : sommes-nous à ce point inconscients de la pauvreté du monde, pour geindre de la sorte ? Que devraient dire les pays qui sont, eux, confrontés pour de vrai à la misère ? (voir La richesse des Nations).

*  *

On parle du « déclin de la France » parce qu’on la compare à un passé idéalisé. L’insécurité, la crise politique, le retard économique seraient nouveaux ? Relisons de Maistre, Chateaubriand, Stendhal,  Barrès, Péguy, Maurras, Bernanos : le sentiment du déclin est, comme le conflit entre générations, de toutes les époques. Cependant la statistique, avec sa froide rigueur, montre que la France n’a globalement jamais été plus riche, ce qui n’implique pas que la richesse soit bien distribuée.

Le sentiment du déclin s’explique par notre histoire. La blessure de la Révolution n’est pas cicatrisée. Nous sommes à la fois nostalgiques de l’ancien régime et amoureux de la République. Nous avons créé de nouvelles aristocraties (de l’argent, du diplôme, des médias) : chacun rêve de les décapiter tout en tentant de s’y faufiler.

Notre État s’est construit en imitant l’Église, nos entreprises imitent cet État : la compétence y est moins appréciée que le respect de la liturgie. L’Éducation Nationale, conçue pour former des cadres possédant ces « bonnes manières » et un minimum de compétences, a été déséquilibrée par une « démocratisation » qui n’a rien de démocratique. 

Le ressort de l’individualisme, qui a propulsé l’économie des XIXe et XXe siècles, s’est relâché depuis que la classe moyenne a atteint un bien-être raisonnable. Les dirigeants, absorbés par le combat médiatique, négligent d’indiquer un autre sens à notre société. L’Europe se construit sur l’économie sans élucider les valeurs qu’elle entend promouvoir.

Il ne s’agit pas d’un déclin conjoncturel mais de questions de fond. Certaines nous sont propres, certaines communes avec d’autres. Dans son histoire millénaire, notre pays a relevé des défis plus graves ! Plutôt que de déplorer un déclin imaginaire, ne ferions-nous pas mieux de penser à reconstruire nos valeurs ?